• André Lacasse

Stratégies fiscales pour la retraite


Dans ma pratique, j’ai déjà rencontré de jeunes retraités qui n’osaient pas se gâter ni s’offrir des voyages de peur de manquer d’argent. À l’inverse, j’en ai vu qui dépensaient beaucoup trop pour ensuite être obligés de retourner sur le marché du travail.

Ne négligez surtout pas de rencontrer un planificateur financier qui, en plus de vous aider à faire une projection des revenus futurs, abordera les sujets suivants :

  • Quel rythme de décaissement permet de préserver mon revenu à long terme?

  • Comment me protéger contre la réduction de mon pouvoir d’achat si le taux d’inflation continue à progresser?

  • Ai-je suffisamment de réserves si les coûts reliés à ma santé devaient exploser?

  • Jusqu’à quel âge vais-je vivre?

  • Quels seront mes rendements à long terme?



Personne ne peut prédire l’avenir. Mais il est possible de se protéger des cinq grands risques de la retraite.



L’après-REER et la conversion en FERR

À l’aube de votre retraite, il est souhaitable de revoir votre plan de décaissement avec votre planificateur financier. En se basant sur l’ensemble de vos sources de revenus de retraite, il suggérera une stratégie qui vous aidera à mieux gérer vos placements.

En plus de tenir compte de vos objectifs, il analysera les différentes options pour optimiser la fiscalité et ainsi payer moins d’impôts.

Les REER seront convertis en FERR, qui n’est qu’un outil pour en faciliter le décaissement. Jusqu’à l’année qui suit votre 71e anniversaire, vous pouvez retirer le montant que vous voulez, mais par la suite, un minimum de retrait annuel sera obligatoire.

Le Centre québécois de formation en fiscalité (CQFF) a publié un tableau dans lequel vous trouverez votre taux de retrait minimum.

Stratégie fiscale 1 : REER ou CELI?

Voilà une question qui revient souvent. Encore une fois, la bonne réponse est : ça dépend!

Si vous avez un surplus budgétaire important, ne vous cassez pas la tête et maximisez les deux. Par contre, si comme la majorité des Québécois, vous avez des ressources limitées, vous aurez un choix à faire.

Mais avant, explorons les différences entre ces deux produits d’épargne.

Comme nous l’avons mentionné précédemment, cotiser au REER permet d’obtenir un remboursement d’impôt correspondant à votre taux marginal d’imposition. En cotisant au CELI, vous ne bénéficierez pas de ce « cadeau » du gouvernement.

Mais tant que vos investissements restent dans leur véhicule de placement, les rendements sont à l’abri de l’impôt donc, vous n’aurez rien à payer en préparant votre déclaration de revenus.

Par contre, au moment du retrait, le CELI ne sera pas imposable alors que le REER le sera au même titre qu’un salaire.

Alors, lequel choisir? Dans l’article REER ou CELI?, quelques exemples de situations où l’un ou l’autre est plus avantageux sont expliqués.

Mais dans un contexte de planification de retraite, j’aime bien recommander une combinaison des deux, qui permet d’économiser de l’impôt par la bande.

Je m’explique :

Imaginez que vous ayez 62 ans, que vous détenez des CELI et des REER et que vous avez besoin de 40 000$ par année pour subvenir à vos besoins. Selon les tables d’impôt de 2018, en effectuant des retraits de 20 000$ du REER (pleinement imposable) et de 20 000$ du CELI (non imposable), l’impôt à payer ne sera que de 1 865$.

En plus, vous pourriez reporter votre RRQ en vivant sur vos retraits CELI et REER et donc, la bonifier. Ainsi, vous gagnez sur deux fronts : décaissement REER peu imposé et RRQ plus élevée.



Stratégie fiscale 2 : La RRQ et la PSV, attendre ou non?

Seule une analyse détaillée de votre situation permettra de faire le bon choix, mais il faut savoir que plus vous retardez la demande de votre rente du Québec et celle de la pension de sécurité de vieillesse fédérale, et plus elles seront bonifiées.

Cet article résume bien le calcul. Ce qu’il faut retenir est qu’en la réclamant avant 65 ans, votre rente du Québec sera amputée de 0,6% ou de 0,7% par mois. Quelques années d’avance, peut vous coûter cher.

En revanche, si vous la reportez après 65 ans, elle sera bonifiée davantage et ce, de façon permanente. La PSV est calculée selon les mêmes principes.

Ce que j’apprécie le plus dans ces deux programmes gouvernementaux est qu’ils sont indexés. Sachant qu’un petit taux d’inflation de 2% par année se transforme en inflation cumulative de 60% après 30 ans, on comprend que cet avantage n’est pas à négliger.

Stratégie fiscale 3 : Pourquoi utiliser l’âge du conjoint pour le FERR ?

Dans certains cas, les autres sources de revenus disponibles à la retraite sont suffisantes pour maintenir son train de vie. Retirer des FERR après 71 ans quand on n’en a pas besoin augmente donc inutilement la facture fiscale.

Si votre conjoint (e) est plus jeune, vous pourriez utiliser son âge pour calculer le montant minimum à retirer. Comme le pourcentage du retrait sera inférieur, l’impôt le sera également.

Stratégie fiscale 4 : Que faire avec le CRI et le REER immobilisé ?

Lorsque vous quittez un employeur avant la retraite qui vous offrait un régime de pension, les montants auxquels vous aviez droit ont été, la plupart du temps, transférés à votre départ dans ce qu’on appelle un régime immobilisé.

Si le fonds de pension était de juridiction provinciale, vous aurez un compte de retraite immobilisé (CRI). Les règles de retrait sont assez strictes après 65 ans, lorsque le CRI sera converti en fonds de revenu viager (FRV).

En effet, les retraits annuels devront se situer à l’intérieur d’une fourchette entre 4% et 7,2% du total du FRV à 65 ans. Pour connaître le maximum en fonction de votre âge, vous pouvez consulter cette grille.

Entre 55 et 64 ans, il est possible de recevoir une rente temporaire en plus de votre rente. Pour savoir quel est le montant permis, demandez à votre conseiller de faire le calcul.

Si votre fonds de pension est de juridiction fédérale, vous aurez alors ce qu’on appelle un REER immobilisé. Une particularité intéressante de ce régime est qu’il est possible, une seule fois après 55 ans, de débloquer 50% du total afin de le transférer dans un REER. L’avantage du déblocage est bien entendu l’absence de restrictions au niveau des retraits.

Stratégie fiscale 5 : Comment obtenir le crédit d’impôt pour revenu de pension?

Même si votre budget vous permet de reporter la conversion de votre REER en FERR jusqu’à l’âge de 71 ans, il peut être avantageux d’en convertir au moins 2 000$ dès 65 ans afin de profiter de certains crédits d’impôt.

Le gouvernement fédéral accorde un crédit d’impôt pour revenu de pension de 15% pour les premiers 2 000$ encaissés d’un FERR.

Au Québec, les règles sont plus souples, c’est-à-dire que vous pourriez bénéficier d’un crédit d’impôt correspondant à 16 % du premier 2 782$ avant même 65 ans. Par contre, celui-ci sera amputé à partir d’un revenu de 33 755$ et sera totalement éliminé dès 48 592$.

Demandez à votre comptable d’effectuer une simulation pour vous guider dans vos choix. Profitez-en pour vous faire expliquer les autres crédits d'impôts intéressants.


En terminant, je vous invite à explorer avec votre conseiller toutes les possibilités. Dans certains cas vous pouvez cotiser à un REEE pour un petit enfant, à un REEI pour un enfant handicapé, etc...


Vous voyez, plusieurs stratégies sont à évaluer… posez des questions à un planificateur financier pour vous épauler dans vos choix! Pour en trouver dans votre région, visitez le site de l'Institut Québécois de planification financière (IQPF).


500-1850, Avenue Panama

Brossard, Québec J4W 3C6

514-229-6307

andre.lacasse@sfl.ca

  • linkedIn
  • Facebook
  • Twitter
  • YouTube