• André Lacasse

Le REER de conjoint, une stratégie à exploiter

De nombreuses stratégies fiscales pour la retraite peuvent contribuer à l’enrichissement des Québécois mais certaines sont moins connues que d’autres.


Par exemple, depuis 2007, il est possible de fractionner les revenus de pension et de retraite entre conjoints, mariés ou de fait, à partir de 65 ans. Le concept est simple : vous pouvez fractionner, c’est-à-dire transférer, jusqu’à 50% de certains revenus à votre conjoint pour fins d’imposition.


Sachant que le taux d’imposition marginal est progressif, cela permet, si le conjoint a un revenu moins élevé, de payer moins d’impôt.


Mais avant 65 ans, une autre stratégie de décaissement peut être très avantageuse, soit celle de cotiser au REER de son conjoint.


REER de conjoint

Qu’est-ce que le REER de conjoint?


Imaginons que vous gagnez 200 000$ par année et que votre conjoint ne prévoit pas avoir des revenus importants à la retraite. En cotisant dans son REER, par exemple 20 000$ par année, vous recevriez un remboursement d’impôt correspondant à 49,97% du montant, donc près de 10 000$.


Mais comme le REER est à son nom, c’est ce conjoint qui sera imposé au retrait. Donc, si le couple décide de prendre la retraite à 60 ans, le propriétaire du REER de conjoint pourra retirer ce même 20 000$ à chaque année. Avec un revenu de seulement 20 000$ par année, on ne paie vraiment pas beaucoup d’impôt.


Une condition s’applique pour profiter de cet avantage : les retraits doivent avoir lieu 3 ans après la cotisation. Sinon, ce sera le conjoint cotisant qui aura à payer la facture d’impôt.


Cet exemple simple illustre à quel point les stratégies de décaissement peuvent avoir un impact majeur sur l’enrichissement des retraités qui souvent, passe par la réduction de notre plus grande dépense à vie, l’impôt.


Est-ce bon pour tous les couples?


Pas nécessairement. Si vous prévoyez avoir des revenus de retraite similaires ou que la retraite débute après 65 ans, l’impact ne sera probablement pas aussi grand. Mais il pourrait tout de même s’avérer intéressant.


Comment le savoir? En faisant tout simplement une planification de retraite avec un planificateur financier. Certains utilisent des outils de projection des revenus futurs qui permettent, avec certaines hypothèses, de prévoir les taux d’imposition de chacun et d’évaluer l’ordre de décaissement optimal.


Marié ou conjoint de fait, quelle est la différence?


Si vous cotisez au REER de votre conjoint, il faut comprendre que le REER lui appartient. Comme ce type de placement fait partie du patrimoine familiale, les couples mariés n’ont pas à se poser de questions. En cas de divorce, ce patrimoine sera partagé, peu importe si le REER appartient à l’un ou à l’autre.


Mais si vous êtes conjoints de fait, cela cause un problème en cas de séparation puisque la notion de patrimoine familial n’existe pas. Le REER de conjoint n’appartient pas au cotisant. Un contrat de vie commune peut toutefois être rédigé pour établir les règles en cas de séparation.


Voilà un exemple de stratégie fiscale pour la retraite, mais ce n’est pas le seul. Une bonne planification vous aidera à mieux préparer cette importante étape de la vie.