• André Lacasse

La retraite au féminin

La retraite est un des événements heureux de la vie, souvent très attendu. Nous aspirons tous à vivre une retraite à la hauteur de nos rêves. En tant que planificateur financier, c’est souvent le premier sujet abordé par mes clients.


Mais parvenir à la retraite, ça se prépare. Et si vous êtes une femme, y penser deux fois plutôt qu’une serait une bonne idée.

Les femmes et la retraite


De nombreuses études nous rappellent que les revenus des femmes sont inférieurs à ceux des hommes, peu importe l’âge. D’ailleurs, l’Institut de la statistique a récemment publié un tableau où l’on peut comparer les revenus moyens des Québécoises et Québécois de 1996 à 2017.


Si les écarts se sont rétrécis, on constate que les inégalités persistent, surtout après 65 ans.


Je savais qu’il y avait un écart mais d’une telle ampleur? En plus, en ayant une espérance de vie d’environ 4 ans de plus que les hommes, il est normal de penser qu’un actif plus important soit nécessaire.

Pourquoi les femmes gagnent moins à la retraite?


J’avoue que comme planificateur financier, j’aurais dû me pencher sur la question il y a bien longtemps.


Dans ce billet, l’expression mieux vaut tard que jamais prend tout son sens.


Le mémoire « Les femmes et la retraite : perspectives pour elles du projet de réforme du Régime de rentes du Québec 2017 » avance les raisons suivantes pour expliquer ce si grand écart :


  1. La capacité d’épargne des femmes est influencée par le parcours professionnel qui est souvent entrecoupé de quelques années à la maison avec les enfants.

  2. Présentement, le revenu moyen des femmes représente 88,8% de celui des hommes. Cela était bien pire il y a 10 ou 20 ans mais au moins, le rattrapage est en cours, ce qui augure bien pour les prochaines générations.

  3. Les rentes du RRQ dépendent du revenu gagné et comme celui-ci est inférieur, il est facile de comprendre que la rente de retraite est moindre. À noter que la prestation de la Sécurité de vieillesse (SV) ne tient pas compte du revenu gagné.

  4. Les inégalités de revenus ont un impact direct sur le RRQ mais aussi sur les contributions aux REER, CELI ou fonds de pensions.

  5. Deux fois plus de femmes travaillent à temps partiel.

À tout problème existe sa solution


S’il est vrai que les possibilités sont limitées pour les femmes déjà à la retraite, il est concevable, pour les générations suivantes, de réduire, voire éliminer les iniquités.

Allons plus loin dans la réflexion.


On peut attendre que les gouvernements trouvent une solution, rêver à un billet de loterie gagnant ou à un héritage, mais je crois beaucoup au proverbe « on n’est jamais si bien servi que par soi-même ».


Planifier sa retraite, principalement pour les femmes, devient un exercice de la plus haute importance surtout si on évite les erreurs courantes avec les investissements.


Mais qui dit planifier sa retraite, dit aussi plan d’épargne. Il est faux de prétendre, comme je l’ai déjà entendu, qu’épargner un montant à tous les mois nécessite de se priver ailleurs.


Au contraire, ce plan d’épargne pourra vous récompenser et même peut-être vous offrir l’indépendance financière avant 65 ans!


Il est primordial de prévoir les ressources financières pour réaliser les activités et les voyages que vous avez toujours souhaité faire, une fois à la retraite.


Le besoin de revenu dépend de chacun mais inutile d’expliquer que vous devrez avoir suffisamment d’argent pour la durée complète de la retraite, laquelle peut s’échelonner sur plus de 30 ans.


Votre planificateur financier indépendant pourra, à l’aide d’un logiciel, vous éclairer sur le montant à épargner à chaque mois.


Un exemple comme celui-ci, illustrant l’importance du plan d’épargne, est révélateur : Saviez-vous qu’investir 100 $ aux deux semaines à partir de l’âge de 20 ans représente une somme supérieure à un demi-million de dollars à 65 ans? C’est effectivement le cas, en supposant un taux de rendement de 4% et en indexant vos cotisations de 3% par année.


Ce calculateur, disponible sur le site de l’Institut québécois de planification financière (l’IQPF), vous permet d’inscrire les chiffres que vous voulez.


Pour certaines, on recommandera le REER et pour d’autres, le CELI ou encore une combinaison de divers véhicules de placement.

Avoir un conseiller qui comprend


Consulter une conseillère ou un conseiller qui comprend la réalité féminine est un atout.


Par exemple, prévoir un plan structuré incluant un fonds de prévoyance réduira l’impact d’un congé parental s’échelonnant sur un an. La cotisation mensuelle en prévision de la retraite prévue au budget pourra ainsi continuer malgré la baisse des revenus.


À noter que le régime des rentes du Québec (RRQ) prévoit des règles pour éviter que le parent qui reste à la maison pendant les 7 premières années de l’enfant, soit pénalisé.


Plus important que la simple rencontre ponctuelle, sera le suivi annuel. En effet les circonstances de la vie évoluent sans cesse.


Si vous ne connaissez pas un conseiller de confiance, sachez qu’il est possible d’en trouver un peu importe où vous êtes au Québec en visitant le site de l’IQPF.

Les pièges à éviter


Un des pièges à éviter est de se fier à son conjoint, surtout quand on est conjointe de fait. Oui, un couple devrait faire sa planification de retraite à deux mais il est prudent de faire une deuxième version avec l’hypothèse d’être seule.


S’il y a des iniquités potentielles, par exemple si la femme prend une plus grande responsabilité au niveau de la famille au détriment de sa carrière, un contrat de vie commune pourra prévoir le partage des actifs en cas de rupture.


La planification de retraite n’est pas une science exacte. Il faut mentionner que les nombreuses hypothèses utilisées sont parfois fragiles.


Par exemple, même si j’anticipe une inflation de 2%, il est peu probable que ce soit effectivement le cas sur 40 ou 50 ans. Et les règles fiscales peuvent changer d’une année à l’autre.


Également, l’espérance de vie, même si elle est présentement de 84 ans pour les femmes selon Statistiques Canada, n’a rien à voir avec votre situation. Qui sait jusqu’à quel âge vivrez-vous?


On comprend que vivre jusqu’à 95 ans requiert des actifs beaucoup plus importants que vivre jusqu’à 75 ans. Survivre à son capital est d’ailleurs le premier des cinq grands risques de la retraite.


Plusieurs de mes clientes ne réalisent pas qu'elles seront à la retraite pendant presqu'aussi longtemps que durera leur vie professionnelle. Pourtant, c'est bien vrai!

Je termine cet article de blogue par ce que je crois être mon meilleur conseil : acheter un REER à la va vite en février n’a rien à voir avec une planification de retraite.


Oui le REER, comme le CELI, peut être un outil qui permet d’atteindre ses objectifs de retraite mais non, le simple fait d’en acheter ne vous sera pas aussi utile que si vous prenez le temps de procéder à une analyse complète.


Enfin, je vous rappelle que la planification financière compte sept domaines d’intervention qui méritent tous une certaine réflexion. Parlez-en à votre planificateur financier.

300-6400 ave Auteuil Brossard, Québec J4Z 3P5

514-229-6307

andre.lacasse@sfl.ca-

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