• André Lacasse

Vous attendez un héritage?

Au cours des prochaines années, les enfants des baby-boomers hériteront des actifs de leurs parents. Même si ces derniers n’ont pas toujours des placements substantiels, la valeur de leur propriété et éventuellement de leur police d’assurance vie pourrait constituer un joli montant. Quelle est la meilleure façon d’utiliser cet héritage? Voici quelques pistes de réflexion.


Selon une récente étude de la firme Strategic Insight, c’est près d’un milliard de dollars qui seront transférés d’une génération de Canadiens à l’autre d’ici 10 à 15 ans. Des montants importants pourraient donc atterrir entre les mains de nombreuses personnes qui n’y sont pas nécessairement préparées.



Dans ma pratique en planification financière, je rencontre de plus en plus de Québécois qui s’attendent à recevoir un héritage. N’ayant jamais géré des sommes importantes, en dehors de leurs REER et leurs CELI, de nombreuses questions leur viennent à l’esprit :


- Devrais-je payer mon hypothèque d’abord?


- Dans quel type de placement devrais-je investir?


- Quel sera l’impact fiscal?


- Cet héritage va-t-il me permettre de prendre ma retraite plus tôt?


- Pourrais-je me gâter si j’en ai envie?


Toutes ces interrogations méritent une attention particulière et les réponses doivent tenir compte des sept domaines d’intervention de la planification financière. Notez toutefois que la situation de chacun étant unique, les solutions ne sont pas identiques pour tous.


Si vous attendez un héritage, voici donc les étapes que je vous recommande de suivre :



1. Prenez votre temps


Recevoir un héritage, c’est aussi vivre un deuil, dans la plupart des cas du moins. Dans un tel contexte émotionnel, il peut être tentant de prendre des décisions rapidement, mais sachez qu’il est plus prudent de vous donner du temps pour bien analyser les options qui s’offrent à vous.


En effet, des décisions qui vous semblent anodines aujourd’hui peuvent avoir un grand impact dans 10 ou 20 ans. Jugez par vous-même : je recommanderais à certains de combler leurs importants droits de cotisation REER, en revanche je ne le ferais pas pour d’autres. En effet, si, après 65 ans, vous prévoyez recevoir un revenu supérieur à 76 000$ par année, incluant ceux provenant du FERR, vous aurez à rembourser une partie de la Prestation de sécurité de vieillesse (PSV). Une planification minutieuse du plan de décaissement devient essentielle.



2. Dressez un portrait clair de votre situation financière


Vous avez une hypothèque et des dettes de consommation? Ou un retard sur la constitution du plan d’épargne qui assurera vos revenus de retraite? Établir les priorités budgétaires facilitera la prise de décision.


N’hésitez pas à utiliser les nombreux outils disponibles en ligne. Les sites de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et de l’Institut québécois de planification financière (IQPF) offrent des calculateurs gratuits pour établir un budget, un bilan, etc…



3. Établissez vos objectifs à court, moyen et long terme


Il est surprenant de voir à quel point les gens ont le réflexe d’utiliser une part de leur héritage pour effectuer un achat quelconque sans même avoir pris le temps d’établir leurs objectifs. Le simple fait d’écrire sur une feuille de papier ce qui vous allume ou ce que vous aimeriez faire dans le futur vous aidera à prendre de bonnes décisions.



Acheter une voiture neuve, un voilier ou une moto, même si c’est tentant, n’est peut-être pas le meilleur choix. Peut-être avez-vous des projets plus constructifs comme vous lancer en affaires ou prendre une année sabbatique afin de terminer une formation à l’université…



4. Consultez un planificateur financier de type généraliste


Un planificateur financier qui fera avec vous le tour des sept domaines de la planification financière pourra bien vous orienter et ainsi vous aider à prendre des décisions cohérentes avec vos objectifs.


Pour illustrer l’importance de cette étape, il faut savoir que la fiscalité des placements a un impact significatif sur votre rendement à long terme. Ainsi, pour un revenu de placement de 10 000$, l’impôt à payer sera différent selon qu’il est composé d’intérêts, de dividendes ou de gain en capital. Avec un taux marginal d’impôt de 45,71%, voici ce qu’il faudra débourser en impôts :


Revenu d’intérêts 4 571$


Gain en capital 2 285$


Dividendes canadiens (déterminés) 2 952$


En consultant le site du Centre québécois de formation en fiscalité, vous pouvez évaluer l’impact en fonction de votre taux marginal d’imposition.


D’autres types de placements sont fiscalement avantageux comme les fonds communs de placement en structure de société, et permettent reporter à plus tard une partie des revenus imposables.



5. Pensez à votre succession


Recevoir un héritage c’est aussi une bonne occasion de penser à sa propre planification successorale. Si certaines successions se règlent assez bien, d’autres s’avèrent plus compliquées. Consultez un notaire pour faire en sorte que vos héritiers n’aient pas un trop gros casse-tête à votre décès.


Pour conclure, rappelez-vous que recevoir un héritage, surtout s’il s’accompagne d’une période de deuil, peut générer de nombreuses interrogations. N’hésitez pas à consulter un expert pour vous aider à trouver les bonnes réponses pour vous!


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