• André Lacasse

Et si le Québec devenait la province la plus riche du Canada?


Dans un récent billet de Mario Dumont, nous apprenions que nous vivons dans la province la plus pauvre du Canada (selon l’Institut de la statistique du Québec). Pourtant, nous avons des richesses naturelles, le plus grand marché de la planète comme voisin, une main d’œuvre qualifiée et de nombreux entrepreneurs.

Je peine à y croire.

Comment nous en sommes arrivés là n’est plus important aujourd’hui. L’important est de trouver des solutions et surtout, de les implanter pour augmenter la richesse des québécois.

En tant que planificateur financier, j’ai rencontré un nombre incalculable de familles québécoises qui ont beaucoup de difficultés à joindre les deux bouts et ce, malgré des revenus décents. En effet, il n’est pas rare de voir des familles sans aucune épargne ni fonds d’urgence dont le revenu familial dépasse les 80 000$!

Je suis convaincu qu’en une seule génération, nous pouvons devenir la province la plus riche du Canada en posant de simples gestes concrets.

Ceux-ci sont directement liés à l’éducation financière.

Bien qu’il soit facile de crier haut et fort que chacun doit se prendre en main, la réalité est que le leadership devrait, à mon avis, être pris conjointement par le Ministre de l’éducation et l’industrie des services financiers. Voici les quelques suggestions que j’aimerais partager. Elles ne proviennent pas d’une grande étude scientifique; ce ne sont que des idées d’un planificateur financier qui veut bien faire!

Cours en finances personnelles au secondaire

Dernièrement, le Ministre de l’éducation Sébastien Proulx annonçait le retour des cours de finances personnelles au secondaire. C’est bien mais je comprends qu’il s’agirait d’un cours optionnel de 50 heures. Il y a tellement de notions à couvrir qu’il me semble que c’est bien peu. À mon avis, un cours obligatoire pour les secondaires 4 et 5 serait plus approprié. Les sujets sont nombreux, en voici quelques-uns :

  • Comment suivre un budget;

  • Comment préparer sa déclaration d’impôt;

  • Qu’est-ce que la planification de la retraite;

  • Comment gérer le crédit;

  • Combien coûtent réellement nos achats;

  • Quoi faire pour acheter une maison.

Et comme l’entrepreneuriat est une locomotive pour les économies modernes, pourquoi ne pas intégrer certaines notions liées au monde des affaires pour éveiller la prochaine génération?

Enseignement dans les écoles par des planificateurs financiers

J’ignore combien il y a d’écoles au Québec mais le défi de trouver des enseignants pour transmettre des connaissances en planification financière s’avère un défi de taille. C’est là que l’industrie des services financiers peut faire sa part pour contribuer à l’enseignement dans les écoles.


Bien des planificateurs financiers à qui j’ai parlé seraient disposés à offrir leurs services pour donner des cours de temps à autre sur des sujets bien précis comme le budget ou la planification de la retraite. En plus d’avoir l’expertise, ils ont l’habitude de présenter des concepts et outils de manière à ce qu’ils soient compris.

Tout le monde gagnerait : le gouvernement profiterait d’une aide gratuite; les étudiants apprendraient d’un spécialiste; le planificateur financier améliorerait sa notoriété et sa réputation dans sa région.

Le budget, ce mal aimé

Le Conseiller en sécurité financière a l’obligation de présenter une analyse de besoins avant de recommander un produit d’assurance. Au niveau des placements, l’obligation est de poser une série de questions pour en arriver à un profil de risque et un objectif d’investissement. Alors pourquoi ne pas ajouter la préparation du budget comme obligation à l’ouverture de compte?

Encore une fois, tout le monde gagnerait : le client sera conscientisé à l’importance du budget; le planificateur financier aura un client qui, sait-on jamais, améliorera sa capacité d’épargne avec le temps.

Imaginons un instant si à chaque ouverture de compte dans une banque, une caisse populaire, un courtier en valeurs mobilières ou chez un assureur, la préparation du budget devenait obligatoire. Quel serait l’impact dans 5 ans si seulement 50% des gens se décidaient à le suivre?

L’impact serait phénoménal.

Qui sera le grand gagnant?

Le plus grand gagnant dans tout cela? Ce sera assurément notre société dans son ensemble.

Si chacun des jeunes qui entre sur le marché du travail suit un budget, met 10% de son salaire dans un compte d’épargne, fait la distinction entre besoin et désir et comprend qu’une voiture « en vente » au prix de 299$ par mois ne veut absolument rien dire, le Québec tout entier en profitera. Il faut juste penser à long terme et attendre de voir comment la prochaine génération prendra ses responsabilités financières.


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