• André Lacasse

Savoir se gâter en planifiant

Une des premières étapes quand vient le temps de préparer un mandat en planification financière est d’établir les priorités. Si certains éléments comme la gestion des risques, le plan de retraite et encore la fiscalité font souvent partie de l’équation, une chose revient presque toujours : réussir à se gâter malgré les revenus limités.






Notre société au 21e siècle


Qui d’entre nous peut se targuer d’être en mesure de se payer en premier? Est-ce que le prêt-auto de 500$ par mois, le compte de carte de crédit à un taux d’intérêt de 18% et l’abonnement au câble à près de 1 000$ par année grugent votre budget au point où vous ne pouvez plus vous récompenser par une activité que vous aimez?


Malheureusement, je rencontre souvent des gens qui se privent de beaux moments alors que de petites actions, combinées à un plan structuré, pourraient les aider à choisir les bonnes priorités et donc, à se gâter.


Un plan financier pour se gâter


En m’inspirant d’un cas réel sur lequel j’ai travaillé, voici comment on peut arriver à prioriser les activités qu’on aime et ce, pendant toute la vie active.


Il s’agit d’un couple de 50 ans qui veut se payer 2 ou 3 voyages par année, lesquels coûteraient environ 10 000$. Même s’ils se considèrent tous les deux autonomes financièrement, ils peinent à économiser.


Leurs revenus d’emploi devraient pourtant suffire. Et une question les hante : s’ils n’y arrivent pas aujourd’hui pendant qu’ils travaillent, qu’en sera-t-il à la retraite?


Les priorités


En tant que planificateur financier, j’ai développé un outil de réflexion pour établir ses priorités. Dans le cas de notre couple, elles sont :


1. Libérer 10 000$ par an pour voyager jusqu’à l’âge de 75 ans.


2. Comprendre leurs fonds de pension, les rentes du régime des rentes du Québec (RRQ) et la pension de sécurité de vieillesse (PSV) afin de savoir s’ils en auront assez à la retraite.


3. Réduire les dettes et cartes de crédit, source de conflit dans le couple.


Les étapes à suivre pour se payer en premier


Il est parfois difficile de voir la différence entre les besoins et les désirs, ce que j’appelle les « faux besoins ». Si se nourrir est un besoin essentiel, est-il nécessaire de s’offrir le restaurant à 150$ le samedi soir? Et la voiture? Est-il vraiment nécessaire de la changer aux 4 ans? Avec un entretien régulier, les véhicules d’aujourd’hui peuvent durer au-delà de 10 ans.


Étape 1 : comprendre son coût de vie


Donc, la première étape est sans contredit de travailler sur un budget afin d’éliminer ce qui ne constitue pas une dépense essentielle. Demandez à votre planificateur financier de vous mettre au défi de justifier certaines dépenses. Je me souviendrai toujours de l’air incrédule de notre couple qui s’était acheté quelques livres en prévision des heures à passer sous les palmiers. Je leur avais simplement demandé pourquoi ils n’étaient pas plutôt allés à la bibliothèque locale.


Voilà 100$ jetés à l’eau.


Étape 2 : le plan de retraite


Une fois l’exercice budgétaire terminé, les revenus de travail pourront probablement financer les prochains voyages. Mais qu’arrivera-t-il à la retraite dans 10 ans? Un plan de retraite permet, avec certaines hypothèses, d’estimer le revenu requis. Seront-ils assez élevés? Dans notre cas, la réponse est non.


Heureusement, en augmentant les cotisations REER et CELI pendant les 10 prochaines années, il sera possible de continuer à voyager. Saviez-vous qu’épargner 250$ à chaque période de paie permet d’accumuler près de 80 000$ après 10 ans en supposant un taux de rendement de 4%? Cela fait plusieurs voyages!


Par contre, une condition est essentielle : le poste budgétaire « Épargne » doit être prioritaire devant le câble, les restaurants, les vêtements, la moto ou le bateau.


Étape 3 : faire le tour de votre dossier


Une des règles élémentaires en planification financière est de ne pas négliger un aspect par rapport à un autre. Voici quelques exemples de questions essentielles à votre sécurité financière qui pourront être abordées avec votre planificateur financier.


- Avez-vous un testament pour vous assurer que vos volontés seront respectées?


- Votre mandat de protection en cas d’inaptitude est-il rédigé en utilisant soit le modèle gratuit du curateur public, soit l’aide d’un notaire?


- Votre analyse de besoins en assurances vie et invalidité est-elle récente?


- Vos placements sont-ils optimisés en fonction de vos objectifs, horizon temporel et tolérance aux risques?


- Vos enfants sont-ils protégés en cas de coups durs?


Le mot de la fin


Trop souvent, j’entends dire « j’aimerais faire ceci ou cela » ou «je n’ai pas les moyens de me le permettre ». C’est peut-être vrai pour certains mais dans bien des cas, cibler ses priorités et objectifs tout en mettant en place un plan pour les atteindre est certainement possible.

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